lundi 10 décembre 2007

Pierre Subleyras - La Courtisane Amoureuse

L'artiste



Pierre Subleyras (Saint-Gille, Gard, 1699 - Décès : Rome, 1749)




Un peintre français à Rome

&

son oeuvre majeure




La courtisane amoureuse





Né à Saint-Gilles-du-Gard et formé à Toulouse auprès d’Antoine Rivalz, Pierre Subleyras
(1699-1749) gagna le Premier prix de l’Académie royale en 1727 et partit pour Rome l’année suivante.
Il ne quittera plus la ville, adoptant pour patrie celle de son épouse, la miniaturiste Maria Felice Tibaldi.
Bénéficiant de commandes de l’Église, comme Le Repas chez Simon (Louvre), il compte parmi les peintres majeurs de Rome, avant la vague néoclassique qui déferle sur la ville. D’une production plutôt austère, se distinguent les Contes datés autour de 1735, dont la notoriété est attestée par l’exécution de plusieurs versions.


Saint-Aignan, son protecteur


Quatre d’entre eux appartenaient au duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France à Rome de
1732 à 1741. Tâtant lui-même du crayon, il joua le rôle de protecteur et de mécène pour les jeunes pensionnaires de l’Académie, dont Subleyras.



Il est fort probable que La Courtisane amoureuse ait orné sa collection, dont la vente en 1776, illustrée par Saint- Aubin, contient près de 400 tableaux. Une gravure à l’eau-forte par Pierre, pensionnaire à l’Académie de France à Rome depuis 1735, laquelle présente des variantes avec le tableau, pourrait témoigner de l’existence à Rome d’une autre version (fig. 5).


La Fontaine, conteur libertin


Le poète lyrique du XVIIe siècle (1621- 1695) doit à un registre mineur, la fable, un succès
jamais démenti. L’écrivain s’était exercé auparavant à versifier ses Contes et nouvelles, historiettes légères ou gentiment lestes empruntées aux auteurs de l’Antiquité ou de la Renaissance, tels Boccace ou l’Arioste.
Trois volumes paraissent entre 1664 et 1671, mais La Fontaine dut renoncer à diffuser le quatrième, frappé par la censure.



C’était le prix à payer pour gagner les bonnes grâces de Louis XIV : une gageure quand on a été le protégé, fidèle de surcroît, du surintendant Foucquet. Un intime du roi, Premier valet de chambre de Sa Majesté et ami des écrivains, avait déjà joué les intercesseurs au moment de la publication des Amours de Psyché et de Cupidon en 1669 : il s’agissait du duc de Saint-Aignan, le propre père du mécène de Subleyras. Mais il serait vain d’y voir plus qu’un concours de circonstance.

Les Contes étaient entrés dans le répertoire des peintres, Vleughels et Pater, quand Subleyras s’y consacra.
Un conte qui finit bien
Édité en 1671, La Courtisane amoureuse, l’un des contes les plus réputés de La Fontaine, n’a pas de source bien identifiée.



C’est l’histoire d’une fière courtisane romaine, Constance, rachetée par l’amour qu’elle porte à un jeune seigneur, Camille.
Elle accepte de s’humilier devant lui dans ce geste suprême de servilité que constitue le fait de le déchausser avant le coucher. Touché par cet acte d’amour et d’abnégation – elle lui sacrifiera également ses beaux habits, découpés au poignard quand son compagnon refusera de l’aider à son tour –, il décidera d’épouser la courtisane.

La morale de l’histoire, c’est que l’amour est capable de métamorphoser les êtres les plus rétifs : d’une femme orgueilleuse, il fait un mouton ; d’un jeune viveur, un mari.
Un succès de librairie.
Comme pour les Fables, l’illustration s’est emparée des Contes, prétexte à des images plus ou
moins licencieuses selon les éditions. La première du genre, illustrée par Romeyn de Hooch, avait paru en 1685 (fig. 6). Au XVIIIe siècle, «âge d’or» des Contes, comme le XIXe siècle le sera des Fables, les estampes se succèdent. Elles ont pour inventeurs Pater (1734),
Boucher (fig. 7), Cochin (1743-1745), Charles Eisen (1761) et Fragonard.



Chacun y imprime son style, de la femme empanachée de Romeyn de Hooch jusqu’à la tendre réconciliation des amants sous le dais grandiose d’un lit, qui est, chez Fragonard, la métaphore
du plaisir.


Tableau de goût galant
À première vue, on ne peut imaginer oeuvre libertine plus pudique que la petite toile de
Subleyras.
La brune Italienne, vêtue de ce bel habit qu’elle immolera, est penchée, comme une Madeleine
aux pieds du Christ, sur la jambe du blond Camille, qu’elle dénude avec délicatesse.
Le lit est à peine visible.
Le cadrage est serré sur le couple, renforçant cette impression d’intimité qui fait la force du tableau, miracle de la litote picturale.



Subleyras n’a pas toujours été aussi retenu. Deux tableaux inspirés des Contes de La Fontaine, Le Bât et La Jument du compère Pierre , sont d’une gaillardise explicite.
Outre sa perfection formelle, le charme du tableau tient à la finesse psychologique qui éclaire
le jeu des deux protagonistes (rougeur de Constance,
regard en coin de Camille). Il tient aussi à la manière qu’a Subleyras de nous restituer un peu des moeurs du XVIIIe siècle. De beaux costumes, un intérieur cossu, un ton de civilité qui demeure, malgré la muflerie du garçon : le tableau s’apparente aux «tableaux de mode», genre rare et bref qui fleurit entre 1724 et 1735 sous le pinceau de peintres d’histoire convertis,
par goût ou par nécessité, à la scène de genre (parcimonieuses
sont alors les commandes royales).


Nul doute que Subleyras ait connu à Paris, où il séjourne en 1726-1728, les oeuvres de Jean-François de Troy, maître en la matière. La Courtisane amoureuse, avec son harmonie rouge, or et bleu, son cadrage serré, son érotisme voilé, rappelle la Dame attachant un ruban à l’épée d’un cavalier de De Troy, daté de 1734, mais dont l’invention est peut-être antérieure.



Comme La Fontaine à demi-mot, ces peintres d’histoire rompus à la science allégorique manient la licence avec adresse, bousculant le rôle des sexes, laissant le spectateur décrypter ou non, selon sa tournure d’esprit, le sens caché de certains détails (l’épée enrubannée chez De Troy,
le pied déchaussé chez Subleyras). L’ambiguïté, lorsqu’elle est bien conçue, fait tout le sel de
la peinture galante du XVIIIe siècle.

Et si on en doutait, il suffirait de relire La Fontaine,
que Subleyras a si bien servi :
«Nuls traits à découvert n’auront ici de place ; Tout y sera voilé, mais de gaze ; et si bien,
Que je crois qu’on n’en perdra rien»






Autres oeuvres




Charon Passant les Ombres (1735)



Charon (Caron) passant les ombres


vers 1735 huile sur toile 135 cm x 83 cm


(Musée du Louvre - Paris)


La barque de Charon (Caron) traverse le Styx pour amener les âmes en Enfer.
Subleyras témoigne, dans cette oeuvre, d'une parfaite maîtrise du traitement des nus et des drapés, exercice demandé aux jeunes peintres en devenir.

Le Bât, 1732

Le Bât représente un jeune peintre appliqué à tracer un âne autour du sexe de sa maîtresse, épouse consentante d’un confrère trompé... Tout est ici appel au désir, encouragement à violer les saintes lois du mariage. Quant à l’œil dardé de l’artiste sur les genitalia de sa jolie partenaire, comment résumer plus complètement le propos du Triomphe d’Eros ?


Huile sur toile - 30,5 x 24,5 cm

Saint-Petersbourg, Musée de l'Hermitage








































dimanche 9 décembre 2007

Jeanne Nue & Amadéo Modigliani

L'Oeuvre
Jeanne nue
Date : 1916
Matériaux : Huile sur toile
Dimensions : 92 × 60 cm
Exposée au Courtauld Institute Galleries à Londres

Modèle : Jeanne Hébuterne (18 ans)

L'Artiste
Amadéo Clemente Modigliani (1884 - 1920)

Amedeo, quatrième enfant de Flaminio Modigliani et d'Eugènie Garsin naît à Livourne, 12 juillet 1884.
Son enfance est pauvre et marquée par la maladie
À 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une tuberculose.
En 1898 son frère de 26 ans, Emmanuel, est condamné à six mois de prison pour anarchisme.
Dés l'été 1898, Amedeo fréquente l'atelier de l'artiste livournais Guglielmo Micheli.
En 1901, en convalescence , après une maladie pulmonaire, il découvre avec sa mère Naples, Amalfi, Capri, Rome et Florence. En 1902, il s'inscrit à la Scuola Libera di Nudo de l'Accademia di Belle Arti à Florence dirigée par le professeur Giovanni Fattori, il y fait connaissance avec des artistes d'avant-garde toscans .
En 1903, il fréquente la Scuola Libera del Nudo à Venise et rencontre l'artiste Ortiz de Zàrate avec qui il découvre la Biennale de Venise Il y étudie Carpaccio, Bellini et l'Ecole de Sienne.
En février 1906, il arrive à Paris .
Après un court séjour à l'hôtel de la Madeleine, il loue un atelier à Montmartre , prés du bateau lavoir où il rencontre Picasso, Derain Max Jacob et s'inscrit aux cours de dessin de l'Académie Colarossi.
Il est remarqué pour sa vitesse d'exécution.
Il ne retouche jamais ses tableaux mais ceux qui ont posé pour lui ont dit que c'était comme avoir son âme mise à nu.
En 1907, il fait la connaissance du docteur Alexandre, s'installe au sein du phalanstère, colonie d'artistes,créé par celui-ci, 7 rue du Delta à Montmartre, pour travailler en compagnie des autres peintres.
Il expose au Salon d'Automne à Paris. En 1908, expose plusieurs œuvres au Salon des Indépendants à Paris dans la salle des peintres Fauves.
Amedeo Modigliani se lie d'amitié avec Brancusi et sculpte avec lui à la Cité Falguière à Montparnasse.
En 1910, au Salon des Indépendants il expose 6 œuvres : la critique officielle lui est favorable mais seul , Paul Alexandre lui achète ses œuvres, il vit dans la misère.
En 1911, expose à Montparnasse dans l'atelier de l'artiste Souza Cardoso un ensemble de sculptures et dessins.

Sa tante Laure Garsin inquiète de sa mauvaise santé l'emmène en Normandie.
Au début de l'année 1912, il peint sur toile plusieurs portraits, dont celui du docteur Alexandre. Malade il retourne à Livourne durant l'été pour reprendre des forces et travailler la sculpture . De retour à Paris , il rencontre Jacques Lipchitz, Augustus John et Jacob Epstein.
Il exposera sept sculptures au Salon d'automne : « Têtes, ensemble décoratifs ».
En 1913, il travaille avec le peintre Soutine dans l'atelier du 216 Boulevard Raspail.
Après la déclaration de guerre en 1914, il essaye de s'engager dans l'armée mais sa santé précaire le fait réformer.
Modigliani ne revoit plus son ami Paul Alexandre et interrompt ses relations avec plusieurs autres artistes : période importante pour sa peinture, qui devient sa seule forme d'expression.
Compte tenu de sa mauvaise santé il abandonne la sculpture.
Rencontre la poétesse anglaise Béatrice Hastings, il reprend un atelier à Montmartre et partage son enthousiasme avec Diego Rivera et Kisling.
Connu comme « Modì » par ses amis, Amedeo est magnétique pour la gent féminine.
Il a beaucoup d'aventures jusqu'à ce que Béatrice Hastings entre dans sa vie. Elle reste avec lui pendant presque deux ans, étant le modèle pour plusieurs portraits comme « Madame Pompadour ».
Sous l'effet de l'alcool il est maussade et violent, comme le montre le dessin de Marie Vassilieff.
À jeun, il est gracieusement timide et charmant, citant Dante Alighieri et récitant des poèmes du Comte de Lautréamont et les Chants de Maldoror dont il garde un recueil en permanence auprès de lui.
Max Jacob lui présente Paul Guillaume qui deviendra son marchand jusqu'en 1916.
En 1916, expose dans l'atelier d'Emile Lejeune à Paris 15 peintures et 3 sculptures .


Nu allongé (1917)

Rencontre déterminante pour sa carrière d'artiste avec Léopold Zborowsky, poète polonais en exil. Modigliani le peint plusieurs fois ne faisant payer que dix francs par portrait.

En mars 1917, Amedeo rencontre Jeanne Hébuterne, jeune élève de l'Académie Colarossi Lorsque la famille bourgeoise de Jeanne apprend sa liaison avec celui qu'elle considérait comme un débauché et une épave, elle lui coupe les vivres.
ils s'installent rue de la Grande-Chaumière à Montparnasse dans un atelier que leur loue Zborowsky.
Leurs relations très orageuses deviennent bientôt encore plus célèbres que le comportement de Modigliani ivre.


Nu allongé (1917) Modèle Jeanne Hébuterne


Jeanne (1918)

La première exposition personnelle de l'artiste italien a lieu à la Galerie Berthe Weill, mais elle est fermée le jour du vernissage, pour outrage à la pudeur...
Son état de santé s'aggrave en 1918 et lui impose un séjour à Nice avec sa femme.
Ils séjournent aussi à Cagnes avec Foujita et sa femme Fernande, Soutine, Survage, Cendrars et Osterlind.
Il peint quatre paysages de Cagnes, les seuls de toute sa carrière.
La Galerie Paul Guillaume à Paris présente une exposition collective "œuvres de la jeune peinture" : Matisse, Picasso et Modigliani.
Le 29 novembre, naissance de la petite Giovanna, fille d'Amedeo et de Jeanne.
Le 31 mai 1919, Modigliani retourne à Paris : Jeanne est de nouveau enceinte.
A Londres, Zborowsky organise avec les frères Sitwels une exposition collective : « Modern French Art » accompagnée dans la presse par les premiers articles élogieux.
Sa santé se détériore rapidement. Il fait son autoportrait.
N'ayant pas entendu parler de lui depuis plusieurs jours, des voisins le trouvent délirant dans son lit tenant la main de Jeanne enceinte de près de neuf mois.
Le docteur ne peut que constater son état desespéré.
Il meurt d'une méningite tuberculeuse le 24 janvier 1920 à l'hôpital de la Charité.
Jeanne Hébuterne, qui avait été conduite chez ses parents, se donne la mort en se jetant d'une fenêtre au cinquième étage, deux jours après le décès de Modigliani.


Jeanne ...

Les funérailles sont suivies par les communautés d'artistes de Montmartre et Montparnasse.
Modigliani est enterré le 27 janvier au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Le corps de Jeanne Hébuterne repose à ses cotés.

(Sources : @rt Galerie & Wikipédia)

Best Reg'Arts !











samedi 8 décembre 2007

L'Origine du Monde & Gustave Courbet



L'oeuvre

L'Origine du Monde

Date : 1866
Materiaux : huile sur toile
Dimensions : 46 × 55 cm
Exposée au Misée d'Orsay à Paris

Huile représentant le sexe et le ventre d’une femme allongée nue sur un lit, les cuisses écartées.
Le cadrage de la scène, entre les cuisses et la poitrine, renforce l'érotisme
de l’œuvre.

De plus, un sein en érection et la rougeur des grandes lèvres laissent penser que le modèle vient d’avoir un rapport sexuel ...

L’Origine du monde surgit dans une période de remise en question des valeurs morales.

Le tableau eut un impact à la fois artistique et social, qui perdure de nos jours.

Le réalisme de Courbet, qui se targua plus tard de n’avoir jamais menti dans sa peinture, repoussait toujours plus loin les limites du présentable.

Avec L’Origine du monde, il exhiba en quelque sorte la partie cachée de l’Olympia de Manet. Maxime du Camp, dans une sévère diatribe, relata sa visite chez le commanditaire de l’œuvre et sa vision d’un tableau « donnant le dernier mot du réalisme ».

À l’époque de la réalisation du tableau, le modèle préféré de Courbet était une jeune femme, Joanna Hiffernan, dite Jo.

C’est son amant James Whistler, peintre américain admirateur et disciple de Courbet, qui l’avait prêtée à Courbet.
En
1866 Courbet réalisa un autre tableau, La belle Irlandaise, dont le modèle était Joanna Hiffernan. En tout Courbet réalisa quatre portraits de Jo.

Elle fut vraisemblablement le modèle de L’Origine du monde, ce qui expliquerait la brutale séparation entre Courbet et Whistler peu de temps après la réalisation de l’œuvre.

Whistler retourna ensuite aux États-Unis, laissant un testament en faveur de Jo.

Malgré la différence de coloration des cheveux roux de Jo et des poils pubiens plus sombres de L’Origine du monde, l’hypothèse que Jo ait été le modèle de ce dernier prévaut.

Dans J’étais l’origine du monde, publié en
2000, la romancière Christine Orban prend parti en imaginant comment la narratrice, Joanna Hiffernan, fut l’amante de Courbet et le modèle du fameux tableau.

Déjà Bernard Teyssèdre, dans Le roman de l’origine 1996 dont le personnage central est le tableau lui-même ("il lui en arrive, des aventures!") avait proposé de voir en Joanna Hiffernan le modèle. En revanche, dans son essai historique "L'Origine du monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet" (2006), Thierry Savatier met en doute cette hypothèse et avance une possible source photographique.

La commande de L’Origine du monde est attribuée à Khalil-Bey, un diplomate turc, ancien ambassadeur de l’Empire ottoman à Athènes et Saint-Pétersbourg fraîchement installé à Paris.

Présenté par Sainte-Beuve à Courbet, il commanda une toile à ce dernier pour sa collection personnelle de tableaux érotiques.

Celle-ci comptait entre autres Le Bain turc d’Ingres et Le Sommeil, un autre tableau de Courbet connu aussi sous le nom Les Dormeuses.
Khalil-Bey fut ruiné par ses dettes de jeu et l’on connait peu les propriétaires suivants du tableau.


En 1868, lors de la vente de la collection Khalil-Bey, l’antiquaire Antoine de la Narde en fit l’acquisition.

Edmond de Goncourt le vit ensuite chez un antiquaire en 1889, caché par un panneau peint "Le Château de Blonay" appartenant au Musée des Beaux-Arts de Budapest .

Selon Robert Fernier, le baron François de Hatvany l’acheta à la Galerie Bernheim-Jeune en 1910 pour l’emporter à Budapest où ce collectionneur hongrois le conserva jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

Le dernier propriétaire du tableau fut
Jacques Lacan. Avec l’actrice Sylvia Bataille, il en fit l’acquisition en 1955 pour l’installer dans sa maison de campagne de Guitrancourt.

Le psychanalyste demanda à André Masson, son beau-frère, de construire un cadre à double fond et de peindre une autre œuvre par-dessus.

Celui-ci réalisa une version surréaliste de L’Origine du monde, beaucoup plus suggérée.

Le public new-yorkais eut toutefois l’occasion unique d’admirer L’Origine du monde en 1988 lors de l’exposition Courbet Reconsidered au Brooklyn Museum.
Après la mort de Lacan en 1981, le ministère de l’économie et des finances accepta que les droits de succession de la famille soient réglés par dation de l’œuvre au musée d’Orsay en 1995.



L'artiste

Gustave Courbet
(10 juin1819 à Ornans, Doubs - 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz en Suisse)

Peintre français chef de file du courant réaliste.

Engagé dans les mouvements politiques de son temps, il a été l'un des élus de la Commune de 1871

Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté.

Proudhon, le théoricien socialiste (et l’homme qu’il admira le plus) aurait voulu faire de lui un peintre prolétarien mais hormis les casseurs de pierre, pas d’ouvriers sur ses toiles et peu de paysans.

Gustave Courbet est issu d’une famille de propriétaires terriens, son père Régis Courbet possède des terres au village de Flagey où il élève des bovins et pratique l’agriculture.

Après avoir étudié au petit séminaire d’Ornans il entre au collège Royal de Besançon où, dans la classe des beaux-arts il prend ses leçons artistiques de Charles-Antoine Flajoulot (1774-1840) ancien élève de Jacques Louis David et aussi professeur à l'École des Beaux-Arts de Besançon.

Après des études considérées comme médiocres et qu’ il abandonne, il part pour Paris vers la fin de 1839. Logé par son cousin Jules Oudot, il suit des études de droit et parallèlement fréquente l’atelier du peintre Charles de Steuben.

Son ami d’enfance Adolphe Marlet l’introduit à l’atelier de Nicolas-Auguste Hesse un peintre d’histoire qui l’encourage dans la voie artistique.

Les trois sœurs de Courbet (entre 1846-47)
- les récits de la grand-mère Salvan -
Huile sur toile 60,9X51,2 cm
Collection particulière

Courbet se rend aussi au musée du Louvre pour y étudier les maîtres, en particulier les peintres de l’école espagnole du XVIIe siècle Vélasquez, Zurbaran et Ribera. Il est aussi influencé par les œuvres de Géricault dont il copie une tête de cheval.

Le 21 juin 1840 il est réformé du service militaire.
Il s’installe au Quartier Latin et occupe son premier atelier rue de la Harpe.

L'atelier du peintre (1855)
Huile sur toile 359X598 cm
Musée d'Orsay à Paris, France

En 1842 il peint un premier autoportrait dit ‘’Autoportrait au chien noir’ suivent d’autres où il se représente en homme blessé ou en homme à la pipe.
L'homme blessé (entre 1844-54)
Huile sur toile 81,5X97 cm
Musée d'Orsay à Paris, France

Le désespéré (entre 1843-45)
Huile sur toile 45X54 cm
Collection particulière
La bacchante (entre 1844-47)
Huile sur toile 65X81cm
Collection particulière
En 1845 il propose plusieurs toiles pour le Salon, le jury choisit de faire exposer le Guitarrero.
A cette époque Courbet se lie d’amitié avec Baudelaire et Champfleury.

Le poète et critique d’art rédige pour le peintre la liste de ses œuvres pour le Salon de 1849.
En août 1849 il fait un voyage en Hollande où il découvre les peintures de
Frans Hals et Rembrandt.

En 1849 Courbet revient à Ornans, ce retour aux sources va changer sa manière de peindre le faisant abandonner le style romantique de ses premiers autoportraits et de sa Nuit de Walpurgis. Inspiré par son terroir il créé un style qu’il qualifie lui-même de réalisme.

La vallée de la Loue par temps d'orage (vers 1849)
Huile sur toile 54X65 cm
Musée des beaux-arts à Strasbourg, France

Sa première œuvre de cette période est L’après-dinée à Ornans tableau exposé au salon de 1849 qui lui vaut une médaille de seconde classe, et qui est remarqué par Ingres et Delacroix.
Il peint
Un enterrement à Ornans, tableau ambitieux dont le grand format est habituellement destiné aux tableaux d’histoire, qui représente un enterrement où figurent plusieurs notables d'Ornans et les membres de sa famille.

Un enterrement à Ornans (entre 1849-50)
Huile sur toile 313X640 cm
Musée d'Orsay à Paris, France

Au salon de 1850 lors de son exposition le tableau fait scandale auprès de la critique de même que ses Casseurs de pierres salué comme la première œuvre socialiste par Proudhon.

La grotte sarrazine (1864)
Huile sur toile 54X65cm
The Paul Getty Museum à Los Angeles, California, USA
Le chêne de Flagey (1864)
Huile sur toile 89X110 cm
Murauchi Art Museum à Tokyo, Japan
Trois jeunes anglaises à la fenêtre (1865)
Huile sur toile HST 92,5X72,5 cm
Collection particulière à Copenhague, Danemark
Jo la belle Irlandaise (1865)
Huile sur toile 55,9X66 cm
The Metropolitan Museum of Art New York, USA

Ses idées républicaines et socialistes lui font refuser la Légion d'honneur proposée par Napoléon III. Après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est nommé président de la commission des musées et délégué aux Beaux-Arts ainsi que président de l'éphémère Fédération des Artistes.
Il propose au
Gouvernement de la Défense nationale le déplacement de la Colonne Vendôme, qui évoque les guerres napoléoniennes, aux Invalides.

Soutenant l'action de la Commune de Paris, il est élu au Conseil de la Commune par le VIe arrondissement aux élections complémentaires du 16 avril 1871 ; il siège à la commission de l'Enseignement et vote contre la création du Comité de Salut public, il signe le manifeste de la minorité.

La Commune décide le 13 avril d’abattre et non de déboulonner la Colonne Vendôme. Courbet propose alors, puisqu’il a eu en premier l’idée d’enlever cette colonne, de payer les frais de sa réparation.

Après la Semaine sanglante il est arrêté le 7 juin 1871, et le 3e conseil de guerre le condamne à six mois de prison — qu'il purgera à Paris, à Versailles et à Neuilly — et à 500 francs d'amende.
Mais en
mai 1873, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi).

Il est acculé à la ruine après la chute de la Commune, ses biens mis sous séquestre, ses toiles confisquées. Il s'exile en Suisse, à La Tour-de-Peilz, près de Vevey. Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans

Après quelques semaines passées dans le Jura, à Neuchâtel, à Genève et dans le Valais, Courbet se rend compte que c'est sur la Riviera lémanique, grâce aux nombreux étrangers qui y séjournent, qu'il aura le plus de chance de nouer des contacts et de trouver d'éventuels débouchés pour sa peinture.

La vague (1869)
Huile sur toile 112X144 cm
Nationagalerie à Berlin, Allemagne
Paysage de mer (1872)
Huile sur toile 38X46 cm
Musée des Beaux-Arts de Caen, Calvados, France

Il loge brièvement à Veytaux (Château de Chillon), Clarens et Montreux, puis jette son dévolu sur la petite bourgade de La Tour-de-Peilz (au bord du lac Léman) et s'installe dans une maison au bord du lac du nom de Bon-Port.

Ce sera le port d'attache des dernières années de sa vie. De là, il circule beaucoup et les rapports que des espions (infiltrés jusque parmi la colonie des proscrits de la Commune de Paris) envoient à la police française nous renseignent sur ses nombreux contacts et ses innombrables déplacements.
Courbet n'est ni malade, ni alcoolique, ni improductif durant les premières années de son exil. Il écrit à sa sœur en 1876 :

« Ma chère Juliette, je me porte parfaitement bien, jamais de ma vie je ne
me suis porté ainsi, malgré que les journaux réactionnaires disent que je suis
assisté de cinq médecins, que je suis hydropique, que je reviens à la religion,
que je fais mon testament, etc.
Tout cela sont les derniers vestiges du
napoléonisme, c'est le Figaro et les journaux cléricaux. »



Il peint, sculpte, expose et vend ses œuvres; il organise sa défense face aux attaques du gouvernement de l'"Ordre moral" et veut obtenir justice auprès des députés français ; il participe à de nombreuses manifestations (fêtes de gymnastique, de tir et de chant) ; il est accueilli dans de nombreux cercles démocratiques confédérés et dans les réunions de proscrits. Comme par le passé, il organise sa propre publicité et entretient des rapports sociaux tant dans les cafés qu'avec les représentants de l'etablissement du pays qui l'accueille.


Il reçoit des encouragements de l'étranger : en 1873, invité par l'association des artistes autrichiens, il expose 34 tableaux à Vienne en marge de l'Exposition universelle.
Le peintre James Whistler le contacte pour exposer des œuvres à Londres ; aux États-Unis, il a sa clientèle et il expose régulièrement à Boston depuis 1866.
Plusieurs peintres du pays lui rendent fréquemment visite à La Tour et peignent à ses côtés (Auguste Baud-Bovy, François Furet, François Bocion) ou présentent leurs tableaux dans les mêmes expositions (Ferdinand Hodler).
Des marchands comme l'ingénieur exilé Paul Pia à Genève proposent régulièrement à la vente des œuvres du peintre franc-comtois.

La demande de tableaux était tellement importante depuis 1872 que Courbet ne pouvait suivre et s'était assuré la collaboration d'"aides" qui préparaient ses paysages.
Courbet ne faisait aucun mystère de ce mode de production. On sait, en outre, que Courbet n'hésitait pas à signer de temps à autre un tableau peint par l'un ou l'autre de ses collaborateurs.
Il travaille simultanément pour Madame Arnaud de l'Ariège dans son château des Crètes à Clarens et donne des tableaux pour des tombolas de sinistrés et d'exilés ; il réfléchit à un projet de drapeau pour le syndicat des typographes à Genève et exécute le portrait d'un avocat lausannois, le député radical Louis Ruchonnet ; il converse avec Henri Rochefort et Madame Charles Hugo à La Tour-de-Peilz et, quelques jours après, il joue le rôle de porte-drapeau d'une société locale lors d'une fête de gymnastique à Zurich.

Son œuvre n'échappe pas non plus à ce continuel va-et-vient entre une trivialité proche du kitsch et un réalisme poétique.
Cette production inégale n'est pas limitée à la période d'exil, mais elle s'accentue depuis la menace qui pèse sur le peintre de devoir payer les frais exorbitants de reconstruction de la Colonne, l'entraînant à produire de plus en plus.

Cela a incité de nombreux faussaires à profiter de la situation et, déjà du vivant de l'artiste, le marché de l'art a été envahi d'œuvres attribuées à Courbet dont il est difficile d'apprécier l'originalité.

Les circonstances (guerre et exil), les procès, l'étroitesse de l'espace culturel du pays qui accueille le peintre, l'éloignement de Paris sont autant de facteurs qui ne l'incitent guère à réaliser des œuvres de l'importance de celles des années 1850.

Le fou de peur (entre 1843-45)
Huile sur toile montée surbois 60,5X50,5 cm
Oslo Nasjonamuseet, Norvège

Dans ce contexte défavorable, Courbet a la force de peindre des portraits de grande qualité (Régis Courbet père de l'artiste, Petit-Palais, Paris), des paysages largement peints (Léman au coucher du soleil du Musée Jenisch à Vevey et du Musée des Beaux-Arts à Saint-Gall), quelques Château de Chillon (comme celui du Musée Gustave Courbet à Ornans).
Le château de Chillon (1874)
Huile sur toile 86X112 cm
Musée Courbet à Ornans, Doubs, France

Il s'attaque en 1877, en prévision de l'Exposition universelle de l'année suivante, à un Grand panorama des Alpes (The Cleveland Museum of Art) resté partiellement inachevé.

Il aborde également la sculpture, les deux réalisations de ces années d'exil sont, la Dame à la mouette et Helvétia.


Par solidarité avec ses compatriotes exilés de la
Commune de Paris, Courbet refusa toujours de retourner en France avant une amnistie générale.
Sa volonté fut respectée et son corps fut inhumé à La Tour-de-Peilz dans les premiers jours de 1878.

Dans Le Réveil du 6 janvier 1878, Jules Vallès rend hommage au peintre et à «l'homme de paix» :

« [...] Il a eu la vie plus belle que ceux qui sentent, dès la jeunesse et
jusqu'à la mort, l'odeur des ministères, le moisi des commandes. Il a traversé
les grands courants, il a plongé dans l'océan des foules, il a entendu battre
comme des coups de canon le cœur d'un peuple, et il a fini en pleine nature, au
milieu des arbres, en respirant les parfums qui avaient enivrés sa jeunesse,
sous un ciel que n'a pas terni la vapeur des grands massacres, mais, qui, ce
soir peut-être, embrasé par le soleil couchant, s'étendra sur la maison du mort,
comme un grand drapeau rouge.
»


La femme au perroquet (1866)

Huile sur toile 129X195 cm

The Metropolitan Museum of Art New York, USA



La femme à la vague (1868)

Huile sur toile 65X54 cm

The Metropolitan Museum of Art New York, USA

(Sources : Wikipédia & Insecula)

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Jeune homme nu assis au bord de la mer


L'oeuvre
Jeune homme nu assis au bord de la mer
Figure d'étude
Dimensions : 115 cm x 98 cm
Matériaux : Peinture à l'huile sur toile
Date : 1836
Lieu : Musée du Louvre Chassérieu
Aile Sully - Deuxième étage -Section 63
Acquisition : Service d'achat aux artistes vivants
Ce nu sera expédié comme "envoi" de quatrième année de Pensionnaire à l'Académie de France à Rome.
Les leçons de Ingres trouvent ici toute leur expression.
Le corps s'inscrit dans un quasi cercle.
La toile sera exposée à l'Exposition universelle de Paris en 1855.
(source : Insecula)
L'artiste
Hippolyte Flandrin
né à Lyon le 23 mars 1803 décédé à Rome le 21 mars 1864
Une fois reconnu que l'œuvre des frères Flandrin (Hippolyte, Auguste et Paul) est académique, il faut aussi savoir passer à d'autres commentaires.

On peut bien sûr rappeler le rayonnement et l'influence d'Ingres sur ces Lyonnais néo-classiques du milieu du XIXe siècle.

On peut, plus finement, reconnaître des influences de Poussin dans l'œuvre d'Hippolyte (le plus connu des Flandrin) et dans celle de Paul, son jeune frère.
Ou, de même, apprécier le maniérisme régional qui règnera sur toute l'œuvre d'Auguste, l'éternellement lyonnais et le plus vieux des frères.

Tout cela n'explique pas comment ces trois Flandrin, qui n'en forment aux yeux de l'histoire de l'art qu'un seul, ont pu faire palpiter de frayeur et d'angoisse des générations de petites filles et de petits garçons dans les églises (Saint-Germain-des-Prés, Saint-Vincent-de-Paul, etc.).

Et ravir les mêmes, quelques années plus tard, lorsque adolescents devenus, ils passent des heures de méditation béate devant la simple étude du Jeune Homme nu assis sur un rocher.
Etrange ambiguïté de cette toile qui m'a fait longtemps succomber… Merveilleuse découverte de la terrible sensualité qui se cache derrière l'académisme le plus rigoureux.
(source : Culture & Débats)
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Une Première





L'oeuvre

Une Première
(représentation du nu au quotidien)

Date : 1888
Technique : Gouache
Dimensions : 76 x 56 cm
Exposée au Nationalmuseum de Stockholm en Suède


L'artiste

Anders Zorn

né à Mora le 18 février 1860 et mort à Mora le 22 août 1920, est un peintre et graveur suédois.

Son originalité se manifeste dans une œuvre violente, marquée par la vie et les atmosphères. Il est connu pour ses peintures de nu et ses représentations de l'eau.

Un musée, abritant la collection Zorn, lui est consacré à Mora

(source : Wikipédia)

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Le Bon Samaritain




L'oeuvre

Le Bon Samaritain (1880)

Huile sur toile 268,5 x 198 cm (grandeur nature)
Signé et daté en bas à gauche : Aimé Morot 1880
Visible au Petit Palais à Paris
Salle 6. Doré et la tradition chrétienne
Section : Paris XIXe siècle


Au retour de son pensionnat romain, le jeune Morot s’inspire de l’Évangile selon saint Luc pour peindre Le Bon Samaritain.

Ce tableau est présenté à Paris, au Salon des Artistes français où il obtient la consécration d’une médaille d’honneur octroyée par ses pairs.

Fortement marqué par l’art espagnol du XVIIe siècle, Morot traite la parabole du Samaritain secourant un blessé avec un réalisme grave.
Son style vigoureux plait à la critique de son temps qui salue la virtuosité de ce beau morceau de peinture.

Marie Bashkirtseff (peintre et sculpteur ukrainienne) note avec enthousiasme dans son fameux journal intime :



« Je me suis assise en face du Morot avec une lorgnette
et je l'ai étudié. C'est le tableau qui me fait le plus complètement plaisir
depuis que j'existe.


Rien n'accroche, tout est simple, vrai, bien ; tout est
fait d'après nature et ne rappelle en rien les affreuses beautés académiques et
convenues.


C'est adorable à regarder ; la tête de l'âne est bien,
le paysage, le manteau, les ongles des pieds. C'est heureux, c'est juste, c'est
bien »



D’abord peinte dans un format plus large, l’oeuvre a été réduite par le peintre sur ses quatre côtés afin de recentrer la composition sur le groupe des deux hommes représentés grandeur nature.

Grand amateur de sujet animalier, Morot donne à la modeste figure de l’âne écrasé par son fardeau une présence émouvante.Grand amateur de sujet animalier, Morot donne à la modeste figure de l’âne écrasé par son fardeau une présence émouvante

(source : Paris.fr & Wikipédia)


L'artiste

Aimé Morot (Nancy, 1850 - Dinard, 1913)

Aimé Morot, peintre français fut élève du peintre Alexandre Cabanel. Il reçut le prix de Rome en 1873.
Il était le gendre du peintre Jean-Léon Gérôme.
Il exposa au Salon des artistes français de 1880 à 1912.

(source Wikipédia)

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